Dujardin Claire
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Claire Dujardin est avocate et membre du Syndicat des avocats de France. Elle joue un rôle central dans l’Observatoire toulousain des pratiques policières, dont elle est l’une des contributrices fondatrices et l’appui juridique principal. Son engagement s’inscrit dans une trajectoire professionnelle et militante marquée par la défense des droits fondamentaux et par une connaissance précise du maintien de l’ordre. Elle est également l’avocate de la famille de Rémi Fraisse, dont la mort lors d’une opération de gendarmerie constitue, pour elle comme pour nombre de militants, un tournant dans la compréhension des pratiques policières contemporaines.
Dès les premières réunions de création de l’Observatoire, elle s’implique pour articuler sa pratique d’avocate et un travail d’observation directe des manifestations. Elle contribue à éclairer juridiquement les règles applicables : définitions des délits, régime des sommations, cadre du Code de la sécurité intérieure. Cette démarche répond à une nécessité professionnelle : confronter le contenu des procédures à la réalité du terrain, vérifier comment les faits sont retranscrits dans les procès-verbaux et renforcer la défense des personnes interpellées. Elle souligne que sa parole gagne en crédibilité devant les magistrats lorsqu’elle peut attester avoir été présente lors des événements en question.
Son expérience d’observatrice lui permet de documenter l’évolution du maintien de l’ordre à Toulouse : montée en puissance des unités non spécialisées comme la BAC, la BST ou la CSI, interventions rapides de voltigeurs, usage d’armes dites non létales causant mutilations ou blessures graves. Elle relate également les risques croissants auxquels sont exposés observateurs et observatrices, parfois mis en joue ou directement visés, et la nécessité d’adopter des protections (casques, lunettes, masques) pour continuer à travailler.
Elle analyse de manière approfondie la judiciarisation des mouvements sociaux. Elle décrit un « continuum » rassemblant contrôles préventifs, interpellations, gardes à vue massives, comparutions immédiates et politique du chiffre. La circulaire « gilets jaunes » de la Chancellerie, les réquisitions systématiques et l’organisation de week-ends entiers de traitement judiciaire illustrent, selon elle, une priorité donnée à l’interpellation plutôt qu’à la garantie du droit de manifester.
Son expertise juridique la conduit à participer à des recours majeurs, notamment devant la Cour européenne des droits de l’homme pour l’affaire Fraisse, fondé sur le droit à la vie. Elle est également engagée dans le contentieux visant le Schéma national du maintien de l’ordre, dont elle critique la valeur juridique incertaine et la normalisation de pratiques telles que la nasse ou l’obligation de dispersion imposée aux journalistes et observateurs. Elle observe que ce texte formalise et entérine des pratiques déjà rencontrées sur le terrain.
À travers son activité professionnelle comme dans l’Observatoire, elle met en lumière les décalages persistants entre police et justice. Elle note à la fois une très lente évolution dans la manière dont certains magistrats considèrent la parole policière, et une méconnaissance générale de la réalité des manifestations. Elle souhaite que les acteurs judiciaires soient davantage confrontés au terrain, afin d’apprécier concrètement ce que vivent manifestants, observateurs et défenseurs.
Son regard porte sur les transformations du rapport entre police et population. Elle décrit le questionnement croissant des citoyens sur les finalités de la police, les tensions internes au sein de l’institution, la logique sécuritaire saturant les geôles et la justice, ainsi que la nécessité de contre-pouvoirs citoyens tels que les observatoires. Pour elle, l’observation indépendante du maintien de l’ordre reste indispensable tant qu’aucune autorité véritablement autonome ne contrôle les forces de l’ordre.
Au Poste l’a rencontrée lors du Capitole de la Sécurité avec l’Observatoire Toulousain des Pratiques Policières.
L’émission réunit Claire Daniel Welzer-Lang (sociologue, professeur émérite, directeur scientifique de l’Observatoire) et Pierre Bernat (observateur et membre actif de l’Observatoire). Ensemble, ils présentent quatre années d’observations des pratiques policières à Toulouse : évolution du maintien de l’ordre, rôle croissant des unités non spécialisées, judiciarisation des mouvements sociaux, dangers encourus par les observateurs et impact sur le droit de manifester. Ils discutent également du Schéma national du maintien de l’ordre, des dérives structurelles constatées et de l’importance de contre-pouvoirs citoyens face à l’absence de contrôle indépendant des forces de l’ordre.
Archives
des émissions
En tant qu'invité
| Date | Invité·es | Sélection des abonné·es | Titre |
|---|---|---|---|
| 17/05/2021 |
| Le Capitole de la Sécurité |